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Améliorer la réussite en inversant le fonctionnement de la classe

Oseriez-vous renverser l’enseignement traditionnel en classe ? Anne Cathrine Gotaas, enseignante au lycée de Sandvika en Norvège a inversé le fonctionnement de la classe dans ses cours d’économie et de mathématique depuis 2007. Depuis, elle constate une nette amélioration des résultats de ses élèves.

 Anne Cathrine Gotaas (photo: Øyvind Flatnes)

Mais comment faire pour inverser le fonctionnement d’une classe ? La méthode est simple : les élèves se préparent au cours en regardant chez eux des vidéos préparées par l’enseignant à travers l'ENT itslearning. Le temps qu’ils passent ensuite en classe est consacré aux exercices. Grâce à cette technique, elle a trouvé comment passer plus de temps avec les élèves seuls et en petits groupes, les guidant dans les exercices et traitant tout problème de compréhension individuellement.

Davantage de temps pour chaque élève

Anne Cathrine Gotaas était l’une des deux gagnantes du prix 2011 de la meilleure utilisation d'itslearning. Elle a remporté son prix grâce à son travail sur l'organisation inversée du cours dans l'ENT. Les autres iMac et caméscope ont été remportés par Dee Kerwick-Chrisp du Royaume-Uni pour son utilisation extrêmement créative du Plan d’apprentissage individuel. Les deux gagnantes ont fait preuve d’excellentes utilisations de l'ENT qui démontrent un effet positif sur l’éducation des élèves.

Anne Cathrine a constaté que les élèves apprenaient mieux si les vidéos théoriques étaient incluses dans des tests pratiques et des séquences explicatives dans l'ENT. « Tandis que les séquences explicatives sont utilisées pour guider les élèves dans leur apprentissage, les tests apportent un retour immédiat et leur permettent d'évaluer leur niveau de connaissances », explique-t-elle.

Bien qu’elle n’évalue jamais les tests elle-même ni ne donne une note, les résultats lui permettent de voir à quels endroits les élèves ont rencontré des difficultés avec la théorie. Elle peut alors planifier son temps de cours plus efficacement pour pallier aux problèmes de compréhension de ses élèves.

Pour que les apprenants puissent facilement retrouver les vidéos ultérieurement, elles sont également disponibles dans une structure de dossiers dans l'ENT.

Inspirée par les cours d’enseignement à distance

Anne Cathrine a entendu parler de ce concept d’inversion de l’organisation des cours en participant à un cours de formation en ligne à l’université en 2005. Les enseignants publiaient des vidéos dans l'espace numérique de travail où ils soulignaient la théorie sur un tableau blanc. Si les élèves ne comprenaient pas ce qui était enseigné du premier coup, ils pouvaient revenir en arrière et visionner de nouveau la vidéo.

« J’ai découvert que cette méthode était utile, explique-t-elle. La possibilité de visionner la théorie plusieurs fois m’a considérablement aidée. Je n’aurais certainement pas réussi mes examens si j’avais dû m’appuyer uniquement sur des livres. »

Aider les élèves en difficulté

Deux ans plus tard, Anne Cathrine enseignait à une classe dans laquelle 3 ou 4 élèves risquaient de redoubler. Pour les aider, elle a enregistré des vidéos de ses cours pour leur permettre de les étudier dans l'ENT. « J’ai eu de très bons retours des élèves, mais pour moi l’important est qu’ils sont tous passés dans la classe supérieure », confie-t-elle.

Les premières vidéos d’Anne Cathrine portaient sur la résolution de calculs sur une feuille de papier et ont été réalisées avec une webcam. À présent, elle utilise la version gratuite de Screencast-O-Matic pour enregistrer des vidéos à l’écran. Aujourd’hui, elle a des vidéos de toutes les matières qu’elle enseigne, mais toutes ne sont pas réalisées par ses soins.

« Il existe tellement de bonnes vidéos déjà disponibles sur Internet que je n’ai pas besoin de tout faire moi-même », explique-t-elle. « Je trouve par exemple des vidéos de qualité sur YouTube ou sur khanacademy.org, et je les insère simplement dans l'ENT. »

Efficace, mais exigeant

Anne Cathrine estime que l'ENT est utile pour savoir qui a consulté les vidéos. Après des vacances, par exemple, elle a découvert que seulement deux élèves sur dix-sept s’étaient connectés à l'ENT pour voir les vidéos. Elle a donc décidé de laisser les élèves regarder les vidéos en cours.

Alors, est-ce qu’il vaut mieux inverser l’organisation de la classe ou conserver les modèles traditionnels ?

« Alors que l’enseignement en cours requiert l’attention de toute la classe, une vidéo peut être consultée autant que nécessaire. Mais cela ne facilite pas la vie de l’enseignant car guider les élèves pour les exercices en classe est encore plus exigeant qu’enseigner. »

Cela étant, certains avancent que les élèves non motivés ne sont pas assez disciplinés pour regarder les vidéos chez eux sur leur temps libre et qu’il vaut mieux que l’enseignant s’assure qu’ils aient la théorie en cours. Anne Cathrine n’est pas d’accord. Pour que tout le monde les comprenne, elle fait en sorte que les vidéos soient aussi simples que possible.

« Certains élèves tirent peu de profit de l’enseignement en classe et je ne pense pas que ceux qui ne prennent pas la peine de regarder les vidéos chez eux auraient fait d’autres devoirs de toutes façons. Quand l’organisation du cours est inversée, ils peuvent au moins retourner sur l'ENT pour voir les vidéos à l’école. »

Mais si les vidéos sont élémentaires, comment stimuler les élèves les plus brillants ?

« J’utilise souvent des groupes de niveau dans lesquels les élèves d’un même niveau travaillent ensemble et se testent entre eux, explique-t-elle. Un autre avantage de cette technique est que les élèves les plus brillants n’ont pas à m‘écouter présenter des choses simples pour la classe entière. Ils peuvent avancer à leur rythme et consacrer du temps à des devoirs plus difficiles. »

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